Jean-Christophe Hanché fait partie de ces artistes qui utilisent la photographie pour exprimer leur vision du monde.
Il s'est fait reconnaître par son travail sur les réfugiés au Libéria, au Sierra Léone, au Sud-Liban, en Palestine,
au Kenya ("Dadaab, le plus grand camp de réfugiés du monde") ou encore les sans-papiers, les exclus de la société en France.
Coup de cœur de la bourse du talent Kodak Picto en 2009 pour son reportage sur les migrants de Sangatte-Calais,
il réalise régulièrement des séries pour Libération, Le Monde et l'Agence Gamma. Des images sensibles et lumineuses,
à la frontière entre photographie documentaire et expression artistique, qui opposent la vie à la misère, une "joie malgré tout"
dans ces lieux en souffrance.
En parallèle, Jean-Christophe Hanché a toujours développé des projets personnels autour de recherches plus plastiques. Des parcours faits de juxtapositions d'images où des séquences narratives cohabitent avec des fragments isolés pour créer des visions énigmatiques et fécondes.
Son travail sur la Cathédrale de Reims n'aurait pu voir le jour sans ces prises de vue répétées et fondatrices. Car loin de toute tentative descriptive, il superpose à la capture de la réalité, une volonté esthétique : jeux graphiques décalés, conflits de clarté et d'ombres, sonorité des couleurs, grain des textures... Comme un rêve de pierre sculpté par la lumière, une fusion entre le réel et la chimère. Ainsi vont les images de Jean-Christophe Hanché. Dans un monde minéral où l'impalpable se manifeste, où l'immatériel devient présence charnelle, aux confins du visible et de l'invisible, ses photographies nous font passer de l'autre côté du miroir et semblent vouloir nous conduire au revers du temps.
Anne de la Giraudiere
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